Les causes et la prévention du cancer du col de l'utérus

Publié le 17 oct. 2019 - Mis à jour le 19 nov. 2025
Les causes et la prévention du cancer du col de l'utérus

Le cancer du col de l'utérus est la 4e cause de cancer des femmes dans le monde. Le cancer du col de l'utérus reste un problème de santé publique majeur en France. 3100 nouveaux cas et 1 100 décès par an sont dénombrés. Ce cancer, dû essentiellement au papillomavirus humain (HPV), est évitable grâce au vaccin anti-HPV et au dépistage. La prévention du cancer du col de l'utérus est essentiel pour faire reculer ce cancer. 

 

Quelles sont les causes du cancer de l'utérus ?

Le cancer du col de l’utérus est attribué dans presque tous les cas à une infection par papillomavirus humain (HPV) à haut risque. Cette infection est très fréquente et sexuellement transmissible. Le HPV à haut risque est une cause du cancer de col de l’utérus, mais d’autres facteurs de risque peuvent agir avec celui-ci, comme le tabac, la contraception par voie orale, la multiparité, etc. 

Le papillomavirus humain (HPV) : la cause principale

Qu'est-ce que le HPV ?

Le papillomavirus humain, ou HPV, est la cause principale du cancer du col de l'utérus. Il s'agit d'une famille de virus très courants, transmis principalement par voie sexuelle. On dénombre plus de 200 types de HPV, dont une quinzaine sont considérés comme oncogènes, c'est-à-dire capables de provoquer un cancer.

Les HPV à haut risque

Parmi les souches à haut risque, les HPV 16 et 18 sont responsables d'environ 70 % des cancers du col de l'utérus. Ces virus s'intègrent dans les cellules du col utérin et peuvent, au fil des années, transformer des cellules saines en cellules précancéreuses, puis cancéreuses.

La prévalence du HPV

L'infection par le HPV est extrêmement fréquente : on estime que 80 % des femmes et des hommes sexuellement actifs seront infectés au moins une fois dans leur vie. Dans la majorité des cas, le système immunitaire élimine naturellement le virus en 1 à 2 ans. Cependant, chez certaines personnes, l'infection persiste et peut évoluer vers des lésions précancéreuses.

 

Les facteurs de risque associés

Le tabagisme

Le tabac est un cofacteur important dans le développement du cancer du col de l'utérus. Les substances chimiques présentes dans la fumée de cigarette affaiblissent le système immunitaire local et réduisent la capacité de l'organisme à éliminer l'infection HPV. Les fumeuses présentent un risque deux fois plus élevé de développer ce cancer.

L'immunodépression

Un système immunitaire affaibli augmente considérablement le risque de cancer du col utérin. Les femmes séropositives au VIH, celles qui ont subi une transplantation d'organe ou qui prennent des médicaments immunosuppresseurs sont particulièrement vulnérables. Leur organisme peine à combattre l'infection HPV persistante.

La contraception orale de longue durée

L'utilisation de contraceptifs oraux pendant plus de 5 ans semble légèrement augmenter le risque de cancer du col de l'utérus chez les femmes porteuses du HPV. Toutefois, ce risque diminue après l'arrêt de la pilule et doit être mis en balance avec les nombreux bénéfices de la contraception.

Les grossesses multiples

Les femmes ayant eu plusieurs grossesses à terme présentent un risque accru. Les modifications hormonales et l'affaiblissement du système immunitaire pendant la grossesse pourraient favoriser la persistance du HPV.

Le statut socio-économique

L'accès limité aux soins de santé, notamment au dépistage régulier, augmente le risque de développer un cancer du col de l'utérus. Les populations défavorisées sont souvent diagnostiquées à des stades plus avancés de la maladie.

 

Les facteurs comportementaux

L'activité sexuelle précoce

Un premier rapport sexuel avant l'âge de 16 ans augmente le risque d'exposition au HPV. Les cellules du col utérin sont plus vulnérables pendant l'adolescence, période durant laquelle elles subissent d'importantes transformations.

Les partenaires sexuels multiples

Le nombre de partenaires sexuels influence directement le risque d'infection par le HPV. Plus le nombre de partenaires est élevé, plus la probabilité d'être exposée à des souches à haut risque augmente.

L'absence de préservatif lors des rapports sexuels

Les relations sexuelles non protégées favorisent la transmission du HPV. Bien que le préservatif ne protège pas complètement contre ce virus (qui peut infecter des zones non couvertes), il réduit significativement le risque de transmission. Il divise par deux le risque de transmission du HPV. 

Autres infections sexuellement transmissibles (IST)

Les infections par chlamydia ou herpès génital sont associées à un risque accru de cancer du col utérin. Ces IST peuvent créer une inflammation chronique qui, combinée à l'infection HPV, favorise la transformation cellulaire.

Le rôle de l'alimentation et du mode de vie

Les carences nutritionnelles

Un régime alimentaire pauvre en fruits et légumes, et donc déficitaire en vitamines A, C et E, ainsi qu'en acide folique, peut affaiblir les défenses immunitaires et augmenter le risque de persistance du HPV.

L'obésité

Le surpoids et l'obésité sont associés à un risque modérément accru de cancer du col de l'utérus, probablement en raison des modifications hormonales et de l'inflammation chronique qu'ils engendrent.

 

 

Comment prévenir le cancer du col de l’utérus ?

Pour prévenir le cancer du col de l’utérus, deux moyens sont efficaces : le dépistage régulier, la vaccination et le préservatif.

 

Le dépistage régulier du cancer de l'utérus

Le frottis permet le dépistage du cancer du col de l’utérus. Il permet de repérer les cellules anormales au niveau du col de l’utérus, avant même qu’elles ne deviennent cancéreuses. 

Le frottis est proposé à toutes les femmes de 25 à 65 ans (20 à 65 ans pour les départements d’Outre-Mer). Un 1er à 25 ans, puis 2 frottis à 1 an d’intervalle. Quand les résultats sont bons, on passe à 1 frottis tous les 3 ans.

 

La vaccination contre le Papillomavirus Humain (HPV)

 

La vaccination pour toutes les jeunes filles et garçons de 11 à 14 ans 

En France, la vaccination est recommandée pour toutes les jeunes filles et tous les jeunes garçons âgés de 11 à 14 ans révolus. 

Le choix de vacciner cette tranche d’âge s’explique par le fait que la très grande majorité des jeunes de 11 à 14 ans n’ont pas débuté leur activité sexuelle, ce qui limite la probabilité qu’ils aient déjà été en contact avec un papillomavirus. La vaccination est ainsi plus efficace. D’autre part, il est ainsi possible de la réaliser en même temps que le rappel du vaccin Diphtérie/Tétanos/Poliomyélite/Coqueluche qui est prévu entre 11 et 13 ans.

 

Le rattrapage vaccinal 

Il est également possible d’effectuer le « rattrapage vaccinal » : les jeunes (filles et garçons) qui ne sont pas encore vaccinés peuvent le faire de 15 à 19 ans révolus (= jusqu’à la veille de leur 20ème anniversaire).

Depuis mai 2025, la vaccination contre les papillomavirus est également recommandée pour les femmes et les hommes, jusqu’à 26 ans révolus, quelle que soit l'orientation sexuelle. 

 

Vaccin Gardasil 9

Toute nouvelle vaccination doit être initiée avec le vaccin Gardasil 9

Gardasil 9 est recommandé pour les populations suivantes:

  • toutes les filles et tous les garçons de 11 à 14 ans révolus, avec un rattrapage possible pour tous les adolescents et jeunes adultes (hommes et femmes) de 15 à 19 ans révolus;
  • les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) jusqu'à l'âge de 26 ans, 
  • les patients - garçons et filles - candidats à une transplantation d'organe solide jusqu’à l’âge de 19 ans, la vaccination pouvant être initiée à l’âge de 9 ans.

 

Le schéma de vaccination consiste en l'administration de deux doses de vaccin Gardasil 9 chez les 11-14 ans révolus et trois doses en rattrapage chez les 15-19 ans révolus, sauf chez les candidats à une transplantation où un schéma à 3 doses est recommandé quel que soit l’âge.

 

N’hésitez pas à vous renseigner auprès du corps médical si vous souhaitez de plus amples informations.

 

 

Dr Elodie Duquenne - Mis à jour par meSoigner
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